1) Brève histoire du site

Les rois constructeurs. XXXe dynastie, Nectanébo II. Époque ptolémaïque : Ptolémée II et Ptolémée III.

Situé entre Mansourah au Nord et Samanoud au Sud (la Sébennytos des textes classiques), le site dépend de la province de Gharbieh, district de Talkha (Lat. N 31°02’, Long. E. 31°17’). Le nom arabe de Behbeit recouvre, en ancien égyptien, le toponyme Per-hebite(t) : « La maison de la déesse des festivités », tandis que el-Hagara, « les pierres » souligne la présence de ruines. Le temple proprement dit est nommé Hébit.

 

La destruction de ce lieu sacré est ancienne. Plusieurs causes sont envisagées : tremblement de terre, effondrement de terrain sous le poids de l’édifice construit avec d’énormes blocs de granit.

Avant la construction de ce temple, et en se fondant sur les textes, il paraît probable qu’un lieu de culte ait été aménagé par les derniers rois de la dynastie saïte. En effet, le culte de leurs statues est à rapprocher d’une pratique cultuelle attestée par un papyrus (dit du Delta) qui illustre le rite majeur de ce lieu, celui de « déposer les offrandes » et qui est d’abord lié au culte des simulacres d’Osiris organisé, vraisemblablement au début de l’époque saïte.
C’est d’ailleurs ce rite qui donne au temple son autre nom, « Le-lieu-où-les-offrandes-sont-déposées ».

Des études ont également établi que le nom sacré Netjéri pouvait qualifier le site mais l’équation n’est vraiment certaine que pour la fondation de Nectanébo II et devrait, même dans cette construction, ne décrire qu’une chapelle.
Ajoutons que ce sanctuaire, dont l’histoire n’est pas vraiment facile à établir, a été considéré comme le plus ancien lieu du culte d’Isis et reconnu, de ce fait, pendant un temps avant sa destruction, comme un Iséion/Iséum.

En remontant un peu plus dans le temps, jusqu’au Nouvel Empire, on relève les premières attestations d’un lieu, Per-hebite(t) et de son temple Hebit.
Ces premières mentions toponymiques de Per-hebite(t), datées d’Aménophis III et celles de Hébit du règne de Séthi Ier, sont extérieures au lieu proprement dit.
Comme ces deux noms sont récurrents dans d’autres régions d’Égypte, l’équation avec Behbeit el-Hagara n’est pas vraiment certaine. Le tableau d’offrande du temple funéraire de Séthi Ier à Gournah, par exemple, montre Isis de Hébyt ainsi qu’Anubis de Ra-qereret et Andjéty sans autre précision, suggérant un contexte cultuel cohérent, l’association de ces divinités pouvant, à cette époque, suggérer un site majeur lié au culte funéraire tel que Bousiris.