3) Le travail de recherche

Depuis le moment où le Professeur J. Yoyotte m’a demandé, en octobre 1972, d’étudier les inscriptions de Behbeit el-Hagara, dans le cadre d’un 3e cycle portant conjointement sur les sites de Samanoud, Behbeit et Balamoun, plusieurs étapes, avec de longues interruptions entre elles, se sont succédées. Elles ont abouti à une thèse, limitée au seul site de Behbeit, présentée en février 1990 à l’Université de Lyon II, sous la direction du Professeur J.-Cl. Goyon et aujourd’hui publiée (1992).

Un premier catalogue des inscriptions a été établi lors de mon séjour en Angleterre, où j’ai bénéficié de l’aide et des conseils du Professeur H.S. Smith, University College, Londres, ainsi que des informations fournies par le Griffith Institute. Les résultats obtenus grâce à ce premier travail, m’ont valu l’accès aux archives Montet du Centre Golénischeff (EPHE) concernant le temple. J’ai pu, à l’occasion d’une mission du CNRS d’une courte semaine, recueillir une quantité appréciable d’informations, avec l’aide de D. Meeks. Au retour, le Professeur J. Leclant eut l’extrême obligeance de me communiquer ses propres relevés, sur lesquels il avait pris soin de noter, pour un des secteurs (sud-est), l’appartenance à telle paroi des salles.

Une trop longue interruption intervint alors, pendant laquelle le travail fut sans cesse repris et abandonné pour d’autres tâches. Des enquêtes parallèles, à propos des inscriptions ont été poursuivies et les textes furent alors classés.

Lors de la réinscription de la thèse à l’Université de Lyon II (1987), le Professeur J.-Cl. Goyon, au vu des dossiers que je lui soumettais, me proposa de tenter une reconstitution du temple, devant aboutir à un plan. La thèse soutenue comporte donc, de ce fait, deux parties bien distinctes. La première est consacrée à une présentation de l’ensemble des blocs du temple connus par les publications, les archives, les musées ou ce qui a été relevé sur place, sous une forme qui livre une première tentative de reconstitution architecturale de l’ensemble, sans oublier une publication complète des textes, traduits et commentés. La seconde, à partir de rites, de toponymes, de lieux sacrés, en fait à partir de mots, tente de cerner le pourquoi des cultes et la nature des puissances divines qui en bénéficiaient. Cette entreprise a eu un but précis: ajouter à la restitution, forcément partielle du temple, une meilleure compréhension fonctionnelle du lieu.

En résumé, j’ai tenté de présenter d’une part un temple en ruines d’une époque bien précise et de l’autre les espaces sacrés des divinités qui, par ailleurs, au fil des millénaires ont conquis une place de plus en plus importante dans toutes les manifestations du culte funéraire. C’est cette démarche qui nous permet d’apporter, en plus de la reconstitution du temple, des informations sur les dieux et les déesses, les différents sanctuaires, les rites, reprenant, pour ce faire, l’ensemble des études qui ont accompagné et suivi l’édition de la thèse.