4) Les principes de la reconstitution

Les règles régissant la mise en page d’un tableau d’offrande Les principes de la reconstitution ont été élaborés à partir de critères très simples, le plus important étant celui de la recherche de l’axe des différentes salles suggérées par les blocs jonchant le sol. En effet, la figuration du roi, à gauche ou à droite des tableaux d’offrande, fixe leur appartenance à une paroi à gauche ou à droite d’une entrée et détermine l’axe de la salle reconstituée. Ainsi, quand le Roi officiant pénètre dans une salle, son itinéraire est dédoublé, à droite ou à gauche, pour aboutir à cet axe où s’accomplit le rite majeur. Dans le chaos des blocs entassés du sanctuaire, l’application de cette règle, permet une première classification. Enfin, ce double circuit royal présente, parfois, une thématique symétrique qui peut ainsi confirmer quelques attributions.
Un autre critère, celui de l’élévation des parois, s’est avéré très utile. L’élévation se retrouve identique à l’intérieur des espaces sacrés du temple. Au-dessus d’un soubassement avec procession de Nils et ligne horizontale de dédicace, dieux et déesses du lieu sont représentés debout sur deux registres et assis sur un troisième. Cette élévation établie offre quelque critère d’analyse des blocs les uns par rapport aux autres et rend possible la reconstitution de parois.
Enfin, l’analyse du tableau d’offrandes met en évidence des critères d’ordre stylistique. Certains traits caractéristiques du décor peuvent être spécifiques à une chapelle et une ébauche de classification peut ainsi être tentée.
L’élaboration de la fiche, certes complexe, est guidée par le souci de pouvoir enregistrer tout aussi bien l’iconographie que les inscriptions, réservant ainsi une partie importante aux renseignements de base. Il y a donc dans cette fiche des rubriques contenant une information permanente, offrant la matière de base, toujours “interrogeable“. Il y a aussi des rubriques de type modifiable, celles qui relèvent de la reconstitution.
L’état chaotique de l’information à traiter justifie la possibilité de cette remise en question permanente.
Cette documentation a constitué un champ expérimental: jusqu’où pouvait-on aller, à partir de photos et de relevés d’inscriptions, dans un travail d’anastylose ? La reconstitution en marge du site laisse de nombreux blocs “sans emploi“. Il a été néanmoins possible de dégager la cohérence de certains secteurs architecturaux et par conséquent cultuels.
La base sur Internet, aujourd’hui, est le reflet de cette situation, présentant les résultats acquis et le travail qui reste à accomplir.