Une Longue Histoire – Les débuts en Angleterre

Avant d’achever la mise en ligne de la base de données consacrée au site de Behbeit el-Hagara et aux ruines de son temple, je dois souligner aujourd’hui qu’en dehors des difficultés de parcours, j’ai bénéficié d’une longue chaine de soutien, d’aide, en fait de solidarité.

Je crois que ceux qui m’ont aidée doivent être associés à ce parcours dans cet historique auquel j’ajoute tous les remerciements que je leur dois.

Ce travail, comme je l’ai déjà dit, s’est étalé sur une période trop longue. J’ai obtenu une maîtrise d’histoire, Méthodes de recherches en égyptologie, Paris-IV, 1972 sur un sujet du Professeur Jean Yoyotte, EPHE, Section des Sciences Religieuses :

« Recherches préliminaires sur les Fouilles de Flinders W. Petrie à Tanis ».

Vol. I. Introduction générale. L’exploration avant Petrie. Le contexte général. Le travail de Petrie. Les objets provenant des fouilles et leur liste de distribution par Musées.

Vol. II. Catalogue des monuments du grand temple de Tanis (306 p. avec de nombreuses illustrations en partie fournies par le Centre W. Golenischeff).

Cette partie du travail pouvant interférer avec les activités de la Mission Française des Fouilles de Tanis n’a pas été poursuivie. Les nombreuses photos du fouilleur avec leurs légendes, identifiées par mes soins, ont d’ailleurs été confiées au centre W. Golénischeff, ainsi que les archives que j’avais pu recueillir en Grande-Bretagne. En fait, toute la documentation concernant l’étude du temple de Tanis (San el-Hagar) et de ses blocs a été déposée, par mes soins, entre 1973 et 1977, au Centre W. Golénischeff.

Pour poursuivre des recherches sur Petrie et Tanis et commencer celles que J. Yoyotte m’avait confiées, dans le cadre d’une thèse de Troisième cycle, sur le delta central et plus particulièrement sur Samanoud, Behbeit el-Hagar et Tell-Balamoun. je sollicitais une bourse auprès du British Council.

Grâce à cette bourse, je dois au professeur H.S. Smith de l’University College, une aide sans faille afin que je puisse évoluer dans un métier que je connaissais encore mal.

À David Dixon, Conservateur du Petrie Museum, aidé de Barbara Adams, alors son assistante, je dois de m’avoir appris ce que je sais du domaine archéologique. Cette aide m’a été accordée afin que je puisse entreprendre et achever une quête un peu hardie, celle des objets de fouille que Flinders Petrie avait rapportés de Tanis. Les études entreprises en France, bien que précieuses et fort utiles, étaient trop théoriques pour le type de travail que je devais faire, à savoir le catalogage des objets de Tanis d’époque gréco-romaine. Ces objets, distribués par l’EES, avaient été confiés, après que le Service des Antiquités ait fait son choix pour le Musée du Caire, à plusieurs musées britanniques et américains. L’essentiel des objets avait été déposé au British Museum et là encore, durant plusieurs mois, j’ai bénéficié d’une patiente assistance : mon enquête portait parfois sur des objets considérés, à l’époque de leur enregistrement, comme étant de faible intérêt. Pour tout le temps que les membres du département égyptien du British Museum m’ont consacré je dois, bien qu’il ne s’agisse pas de Behbeit, de les citer ici : les conservateurs Dr. I.E.S. Edwards, T.G.H. James, A.F. Shore, et Carol Andrews, démotisante.

Geoffrey Martin, quant à lui et grâce à sa découverte, dans les archives de l’EES, des négatifs des photos que Flinders Petrie avait faites à Tanis, j’ai appris, en 1973, l’importance des archives photographiques et l’emploi qu’on pouvait en faire. Il a donc joué un rôle important, peut-être à son insu, dans mon initiation au site de Behbeit el-Hagara.

Enfin, grâce au Griffith Institute et au Dr. Jaromir Malek, alors responsable du Porter and Moss, j’ai pu consulter le fichier Behbeit elHagar qui m’a permis, d’entrée de jeu, de disposer d’une documentation abondante et à jour.

Je les remercie tous bien sincèrement. Tout ce que j’ai fait après dépend de ce que j’ai alors recueilli.

La récolte était si importante que j’obtins, en novembre 1973, à Paris IV, avec un jury constitué des Professeurs Jean Leclant, Jean Yoyotte, et en présence de Claire Lalouette, l‘équivalent d’un DEA, la réforme de cet examen n’ayant pas encore été mise en œuvre. On disait alors « examen de passage en deuxième année de thèse ».

À cette époque aussi, Jean Yoyotte me confia l’étude des Archives Montet sur le site de Behbeit el-Hagara. Je franchissais ainsi une étape importante : grâce à lui, je pouvais étudier une masse d’inscriptions inédites que les photos et les relevés de Pierre Montet représentaient et qui, comparés à ce qui était alors publié, enrichissaient mon catalogue de façon considérable.